Cette option réaffiche la page par défaut du site, en restaurant les modules éventuellement fermés par inadvertance.

Remettre tout en place

Les spécificités du marché luxembourgeois

luxembourg-littleIl arrive souvent aux entreprises du Grand Duché de Luxembourg de se sentir un peu à part des autres entités, lorsqu’elle font partie d’un groupe aux multiples implantations mondiales et qu’elles sont soumises plus ou moins indirectement aux décisions stratégiques prises par les maisons mères dans d’autres capitales.

Le Grand Duché, par bien des facettes, est un pays bien particulier pour le business.

Malgré sa toute petite taille comparé aux mastondontes économiques mondiaux, taille qui s’applique également dans beaucoup de ses entreprises, le marché luxembourgeois est un concentré d’économie mondialisée sur quelques kilomètres carrés.

Au sens « business » ou « marché », on entend par là l’ensemble des éléments qui touchent de près ou de loin les moteurs économiques : compétences, relations commerciales, métiers, ressources humaines, institutions…

Qu’on le veuille ou non, la capacité de ce petit pays à se défendre, tel David contre Goliath, face aux immenses puissances économiques voisines, et à leur tenir parfois la dragée haute, ne peut véritablement pas laisser indifférent.

luxembourg-carte

Alors certes, la place financière luxembourgeoise a attiré, de par sa fiscalité et certaines spécificités juridiques, des fortunes plus ou moins importantes du monde entier, mais aussi plus ou moins honnêtes.

Ce ne devait pas être le but. Lorsqu’il y a de l’argent quelque part, cela agit comme une force d’attraction sur des investisseurs aux revenus douteux. Et si le Luxembourg en a profité, c’est un fait, en aucun cas cela ne représentait, ni ne représente toujours, la majorité des fonds déposés en avoirs dans les banques luxembourgeoises.

Et force est de constater que, même si des affaires anciennes peuvent faire surface, un gros travail a été fait pour éviter que la réputation de la place n’ait à nouveau à pâtir de l’épouvantable image de « paradis du blanchiment fiscal ».

Mais revenons à ce qui, en dehors de cela, fait la différence de ce marché si particulier.

Cosmopolite

Luxembourg est une capitale financière, le poumon économique d’une région qui s’étend au-delà de ses frontières, vers la France (et notamment la Lorraine), la Belgique et l’Allemagne.

De part sa position de leader au niveau des avoirs financiers sous actifs, place qu’elle se dispute avec la France d’ailleurs, Luxembourg est une ville à la croisée des chemins des pointures de la finance et de la diplomatie du monde entier.

L’ensemble des acteurs du marché luxembourgeois ont ainsi l’occasion d’entrer en contact plus ou moins direct avec les marchés des quatre coins de la planète.

L’étonnante concentration de langues différentes parlées dans le pays en est un exemple frappant. Toutes les capitales du monde ne sont pas aussi riches de diversité. A Luxembourg, il n’est pas rare que, dans la même journée, vous soyez confrontés à une douzaine de langues différentes. Dans les salles de réunion, au centre ville, dans un restaurant ou au détour d’un trottoir…

Même pas peur

Si l’on y réfléchit à deux fois, on se rend compte que le Grand Duché n’a pas choisi de rester à l’ombre de ses grands voisins, de jouer le rôle de petit poucet.

Bien au contraire, avec une grosse ambition et pas mal de caractère, le Luxembourg a su transformer ce qui aurait pu être des faiblesses en forces. Et c’est sans complexe qu’il essaye de se hisser, et de se maintenir, dans la cour des grands.

Sur bien des aspects d’ailleurs, le Grand Duché fait plus que participer, se plaçant sur différents podiums lui permettant d’exister à part entière, et alimentant ainsi sa machine économique par sa notoriété.

Si l’on ne peut que constater que le pays n’a pas froid aux yeux, il faut également lui laisser cette formidable capacité à anticiper les grandes orientations économiques.

Ainsi, on peut rappeler que le Grand Duché de Luxembourg est l’un des 6 pays fondateurs de l’Europe, agrégeant à sa suite 21 autres nations qui ont suivi le mouvement. Le débat n’étant pas ici porté sur la réussite de l’Europe (Rome ne s’est pas faite en un jour), ce choix crucial dans son histoire laisse entrevoir un certain flair. Les institutions européennes implantées au nord de la ville ont permis de conserver pour le pays de régulières présences sous l’objectif des médias.

D’une économie essentiellement agricole et industrielle, le Grand Duché s’est transformé en quelques dizaines d’années, en une économie tirée par l’un des métiers les plus lucratifs qui soient : la finance.

Les champs ont laissé la place à de grands bâtiments de verres, dans lesquels on se spécialise dans la gestion financière et patrimoniale de pointe.

Conscient de ses possibilités, et fort d’une grande réactivité, le Luxembourg n’a pas à rougir de sa taille. Il peut même parfois montrer l’exemple.

Business is business

Un autre aspect qui fait la différence de ce marché avec les autres, c’est le pragmatisme avec lequel les entreprises envisagent leurs activités.

Au Luxembourg on fait du business, on est pas là pour se tourner les pouces, ni pour perdre du temps avec des circonvolutions comptables.

Ainsi, il n’est pas rare ici d’être confronté à des délais de payement à 15 jours, ou de conditions de règlement à réception. Personne ne s’en offusque même s’il peut y avoir négociation. Qui paye ses dettes s’enrichit, c’est ainsi que l’on fait du business.

Que le culte du profit plaise ou non, au moins les entreprises luxembourgeoises dégagent des bénéfices élevés, et payent en retour leurs employés plus grassement qu’ailleurs. En cela, elles attirent également des compétences de haut niveau, pas mécontents de voir leur qualité de vie s’améliorer.

Gagner de l’argent, au Luxembourg, c’est normal ; c’est même conseillé ! Et personne ne s’en plaindra, bien au contraire.

Si l’on ne peut certes pas limiter « La Réussite » à l’assouvissement de ce seul but, quand on fait du business, on le fait bien, et n’en tire ce pour quoi on le fait. Basta.

Marché rude

Pour exceller, point trop de pitié. C’est un peu caricatural, mais on pourrait aussi résumé le marché luxembourgeois par cette petite phrase.

Dans les affaires ici, on s’embarrasse souvent peu des relations alambiquées de la mode latine. On est plus proche du modèle anglo-saxon, la rigueur germanique en plus.

L’entreprise est là pour faire de l’argent, pas pour tergiverser. C’est dur, mais au moins c’est très clair pour tout le monde, et la plupart de ceux qui comprennent cette mentalité, comprennent également que c’est la règle qui prévaut dans le pays.

Si on accepte cette règle du jeu, on s’en sort généralement bien au Grand Duché. On y est bien payés, et les avantages sont nombreux, mais en contrepartie cela peut s’arrêter du jour au lendemain. Au moins c’est clair.

Lorsque l’on ne souhaite plus travailler avec tel collaborateur ou avec tel fournisseur, on met fin au contrat en vigueur, on négocie puis on paye ce que l’on doit, et on passe à autre chose. La relation contractuelle est plus froide, mais elle met (toute considération syndicale mise à part) toutes les parties au même niveaux.

Circuits administratifs

Même si les administrations luxembourgeoises sont loin d’être parfaites, il existe une différence majeure avec celles des pays voisins.

Au Grand Duché, les administrations désignées sont au service des entreprises, et non l’inverse. Ce n’est pas grand chose, mais ça change tout.

Une fiscalité simplifiée, des règles claires rarement alourdies par de multiples privilèges ou cas particuliers, beaucoup de choses sont faites pour permettre à la plupart des entreprises de se concentrer sur l’essentiel : leur métier et le meilleur moyen de faire du business avec.

Une réforme a même été engagée, avec la mise au point de règles de simplifications administratives pour les entreprises.

En bref, au Grand Duché de Luxembourg, ce ne sont pas les administrations qui vous font perdre du temps, elles ne sont pas là pour ça au contraire.